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Suite à la mise en examen du Dr Françoise Bézu, ancien médecin du travail au port de Dunkerque de 1970 à 1995, (lire notre édition d'hier), l'association APDA-CGT et son avocat, Me Michel Ledoux, ont souhaité apporter quelques commentaires supplémentaires.
Pour les membres de l'APDA-CGT (Association des professions portuaires CGT du port de Dunkerque pour la défense des victimes de l'amiante), cette mise en examen est une première victoire, mais elle doit en amener d'autres. « Nous souhaitons remonter jusqu'aux réels responsables, c'est-à-dire les employeurs, annonce Me Ledoux. Les entreprises de manutention et le Port autonome de Dunkerque, qui ont fait travailler les dockers au contact de l'amiante sans les protéger. » Ce qui va à l'encontre du code du travail selon l'avocat : « C'est écrit noir sur blanc. L'employeur a l'obligation d'assurer la sécurité de ses employés. De plus, depuis 1904, il existe une législation protégeant les employés contre l'inhalation de poussière légère. » Un texte prouvant également la connaissance, déjà au début du siècle, des dangers de l'amiante.
Les employeurs pointés du doigt
Avec seize dossiers de veuves de dockers plaignantes - « mais on aurait pu en mettre 500 », indique l'avocat -, l'APDA souhaite utiliser la mise en examen du Dr Bézu comme un point d'appui. Et non en faire un exemple. « Nous ne voulons pas que le Dr Bézu devienne le bouc émissaire de cette affaire, insiste Me Ledoux. Ce qui nous intéresse, c'est la mise en examen des employeurs, et on attend la mise en cause officielle de l'État. » Car, au final, ce qui est reproché, ce n'est pas tant de ne pas avoir interdit l'amiante plus tôt - le produit a été banni en 1997 - mais surtout « de ne pas avoir informé et protégé les salariés des dangers qu'ils encouraient ».
Désormais, les membres de l'association attendent avec impatience les auditions du Dr Bézu, qui, par ses témoignages, « va pointer du doigt les responsables, les employeurs. Elle qui, en fait, n'était qu'une conseillère, sans pouvoir hiérarchique », ajoute l'avocat.
En attendant un éventuel procès, « pas avant trois ou quatre ans », les dockers continuent de payer le tribut de ces années de mensonge. Mercredi, un ancien employé du port est mort, à 51 ans, des suites d'un cancer dû à l'amiante. « Nous voulons avant tout savoir. Connaître la vérité, qui sont les responsables », explique Béatrice Baert, dont le mari est mort en 2001, à 43 ans, trois mois seulement après avoir contracté la maladie.
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